14-18 : les monuments de mémoire albigeois

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Mercredi 03 octobre 2018
Après la Grande Guerre, les Albigeois souhaitent faire mémoire de leurs morts et érigent plusieurs monuments. Des lieux religieux, municipaux et même sportifs leur rendent hommage…
Peu connu, le monument aux morts à la mémoire des joueurs du SCA situé dans l’enceinte du stade Rigaud.
Source : D.R

Au sortir de la guerre, la France compte ses victimes : 1,4 million de soldats sont morts sur le champ d’honneur.

Pour ne pas les oublier, des monuments parfois imposants sont érigés. Le journal officiel du 26 octobre 1919 promulgue la loi relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre. Des subventions de l’État sont accordées aux communes qui souhaitent ériger un monument, une stèle, ou apposer une plaque commémorative.

À Albi, dès la fin de l’année 1918, le conseil municipal décide de commémorer les soldats morts pour la France, en faisant graver leurs noms sur des plaques de marbre dans la salle des États Albigeois à l’hôtel de ville. Finalement, sur proposition de l’architecte Léon Daures, un emplacement est retenu en 1921 pour un monument aux morts sur l’avenue du Pigné (futur boulevard Sibille). Une souscription publique est aussitôt lancée et connaît un certain succès. La première pierre est posée en février 1924. L’inauguration a lieu le 28 novembre 1928. Y figurent les 642 noms des soldats morts pendant la Première Guerre dont certains figurent sur d’autres monuments tarnais.

« C’est encore aujourd’hui un lieu incontournable pour les cérémonies militaires organisées en présence des associations d’anciens combattants, mais aussi de la société civile », souligne Jean Esquerre, conseiller municipal délégué aux cérémonies patriotiques.

Lieux de recueillement et de prière

Dans les édifices religieux (ainsi qu’à l’évêché), des chapelles ou plaques commémoratives font également mention de la Grande Guerre. C’est le cas à la collégiale Saint-Salvi, à l’église Saint-Joseph ou encore à la Madeleine (1922) où des travaux ont consisté récemment à restaurer un autel, les peintures et les faux marbres.

À la cathédrale, une chapelle aux morts de la Grande Guerre est aménagée en 1925 à l’initiative du chanoine Louis Birot qui lance dès 1919 une souscription pour financer les travaux. Son idée est de commémorer et permettre à ceux qui le souhaitent de se recueillir et de prier.

Lieux de recueillement et de prières

Lieux de recueillement et de prières, par carole germain

 

En 1921, le projet est validé par la commission des monuments historiques. Il prévoit l’installation d’un autel avec un bas-relief réalisé par un artiste de Castres à qui l’on doit déjà quelques monuments aux morts. Les murs sont décorés avec deux plaques contenant les noms de 315 soldats albigeois, toute confession confondue.

« Tous sont mêlés : laïcs et clercs, riches et pauvres, gradés et simples soldats », note Guillaume Gras, historien qui a étudié en détail la chapelle. Figurent également les lieux de bataille où se sont rendus les régiments albigeois, ainsi que quelques villes comme Strasbourg, Reims et Nancy. La chapelle est inaugurée en 1925. À noter la plaque commémorative située au temple protestant. Après la Grande Guerre, les Albigeois souhaitent faire mémoire de leurs morts et érigent plusieurs monuments. Des lieux religieux, municipaux et même sportifs leur rendent hommage…

14-18 : les monuments de mémoire albigeois

Des commémorations sont régulièrement organisées au carré militaire du cimetière des Planques où reposent 123 soldats morts en 14-18. Cimetière, écoles, stades, gare…

Au cimetière des Planques, le Carré militaire compte 123 tombes dont trois inconnus et un soldat belge. Un autre espace abrite 90 tombes de soldats dont 36 inconnus.

Des établissements scolaires ont tenu également à rendre hommage à leurs morts.

L’école Sainte-Marie ou encore le lycée Lapérouse érigent des monuments après guerre. Celui du lycée date de1933 et fait mémoire d’élèves et deprofesseurs tombés au combat. La sculpture représente la veuve et l’orphelin dans la douleur. À Sainte-Marie,le 14 mai 1922 est inauguré le monumentaux morts situé dans le hall d’entrée contre l’un des murs de la chapelle. Il rappelle le souvenir des quarante-sept élèves et professeurs morts au champ d’honneur. À l’occasion des commémorations du Centenaire,un travail pluridisciplinairea été proposé aux élèves à partir des noms des soldats inscrits sur la plaque commémorative. Moins connu, le monument aux morts érigé à la mémoire des joueurs du SCA, morts durant la guerre 14-18, fait toujours l’objet de cérémonie. Enfin,on ne compte pas le nombre de plaques commémoratives poséesdans des bâtiments publics comme celle de la gare qui rend hommageaux agents de la SNCF tués par faitsde guerre.

LE SAVIEZ-VOUS ?
En 1919, quand la loi relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France est adoptée, les cérémonies étaient prévues le 1er ou 2 novembre, dates correspondant à la Toussaint et à la fête des défunts pour l’Église catholique. Les anciens combattants eux préfèrent organiser leurs propres manifestations le 11 novembre, sans considération pour la loi de 1919. La loi fixant au 11 novembre la commémoration de la victoire et de la paix est finalement promulguée en 1922.