50 ans de sauvegarde du patrimoine

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Mercredi 21 février 2018
Il y a cinquante ans était créé le Secteur sauvegardé d'Albi qui intègre aujourd'hui la zone classée au patrimoine mondial. Retour sur un espace emblématique qui a contribué au classement au patrimoine mondial de la Cité épiscopale.

Dans les années soixante, les centres-villes, souvent insalubres, sont délaissés au profit des quartiers périphériques bien plus confortables et modernes. Dans le même temps, l'heure est aux nouvelles constructions portées par le développement de l'usage du béton. Albi n'échappe pas à ce vent de modernité et des projets se font jour pour rénover le centre historique en faisant table rase du passé. La mobilisation des Albigeois passionnés par le patrimoine et la prise de conscience des élus éviteront le pire.

Profitant de la loi Malraux de 1962, la ville d'Albi crée un secteur sauvegardé en 1968. Il s'agit d'une zone urbaine soumise à des règles particulières en raison de son « caractère historique, esthétique ou de nature à justifier la conservation, la restauration et la mise en valeur de tout ou partie d'un ensemble d'immeubles bâtis ou non ». De quoi assurer une protection suffisante de ce patrimoine fragile qui a traversé les siècles. La loi ne visait pas pour autant à figer ces quartiers ciblés, mais plutôt à proposer un cadre global permettant leur évolution sans mettre en péril l'intégrité du site.

Un cadre précis pour tous

Qu'il s'agisse de constructions, de travaux ou de modifications à l'intérieur ou à l'extérieur, les propriétaires de biens situés dans le secteur sauvegardé sont tenus de respecter certaines règles et d'obtenir au préalable des autorisations pour les réaliser. Certes, le contexte a bien changé depuis les années 60 et les menaces qui pesaient sur les maisons pittoresques du centre historique sont réduites. Les évolutions de la vie moderne sont pourtant fortes et obligent à trouver des compromis pour conjuguer préoccupations patrimoniales et adaptation aux conditions de vie actuelle. Parmi les documents de référence, le plan de sauvegarde et de mise en valeur approuvé en 1993 fixe pour chaque parcelle, bâtiment, cour ou jardin les règles de conservation concernant autant l'extérieur que l'intérieur. Ne sont possibles que les travaux qui suivent les préconisations de l'architecte des bâtiments de France.

La ville engagée aux côtés des habitants

En parallèle, la ville d'Albi a engagé ces dernières décennies d'importants projets de réhabilitation du centre ancien tout en soutenant financièrement les propriétaires pour améliorer leur logement. Des campagnes sont ainsi menées pour soutenir la rénovation des façades par exemple. Les commerces sont également partie prenante de la démarche en respectant la Charte de qualité urbaine qui définit un certain nombre de principes d'aménagement et d'embellissement. Les efforts de tous ont payé et permis le classement de la Cité épiscopale au patrimoine mondial. La population du secteur sauvegardé renommé Site patrimonial remarquable, couvre 64 hectares et compte aujourd'hui plus de 6 000 habitants contre à peine 2 000 en 1978.