Jean-Louis Virazels, entre ciel et terre

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Vendredi 23 février 2018
Président de l'aéroclub d'Albi, Jean-Louis Virazels a beaucoup voyagé et volé très tôt de ses propres ailes. Sa passion pour l'aviation et son parcours professionnel ont fait de cet Albigeois engagé un homme qui sait prendre de la hauteur… tout en gardant les pieds sur terre.
Un homme entre ciel et terre
Source : D.R

L'homme est chaleureux, posé et inspire la confiance. On serait prêt à monter les yeux fermés à bord d'un appareil de l'aéroclub dont il aurait pris les commandes. Un dernier argument pour vous rassurer ? Il détient sa licence à l'aéroclub d'Albi depuis 1972. Même lorsqu'il vivait à des milliers de kilomètres de la Cité épiscopale, il s’arrangeait toujours pour revenir voler un peu au-dessus du Tarn. C'est dire sa persévérance et son attachement pour la piste albigeoise. « Jeune, la lecture de livres sur Mermoz ou Saint-Exupéry m'a donné envie très tôt de voler. » Comme son père avait un atelier, le jeune garçon transforma son vélo en engin volant. Avec du vent et en l'absence des parents, il l'expérimenta avec un brin d'inconscience avant de finir à l'hôpital. Il en tirera une leçon fondamentale : en vol, une erreur peut être fatale.

Cette douloureuse expérience ne l'a pas pour autant dissuadé. Jean-Louis est persévérant, motivé et parfois obstiné. Avec un de ses camarades de collège, il est venu souvent observer les avions décoller de l'aérodrome d'Albi. Pendant plusieurs années, il balaye même les hangars pour financer ses heures de vol. « Beaucoup ignorent qu'on peut voler avant de pouvoir conduire une voiture ! », rappelle-t-il. « On peut ainsi piloter à partir de quinze ans et obtenir le brevet à partir de 17. » Il obtient le sien et se tourne sans tarder vers les vols internationaux. Durant l'été 76, il décolle pour l'Angleterre. En 1978, à 23 ans, il part en Pologne. Réserviste pour l'armée de l'air, il enchaînera plus tard plusieurs missions à l'étranger.

Après ses années collège et lycée à Lapérouse, il suit des études pour devenir professeur de sciences naturelles. Diplômé mais guère motivé pour partir en région parisienne, il enseigne dans des établissements toulousains avant d'obtenir un poste à Graulhet où il restera dix ans. En 1992, il est nommé chef d'établissement à Carcassonne. À cette époque, il effectue quelques voyages à l'étranger, prémices d'une réorientation professionnelle. En 1997, c'est le départ pour Ankara en Turquie, où il est nommé proviseur du lycée français. De ce premier séjour « longue durée », il se souvient du tremblement de terre qui fit en 1999 des milliers de victimes et d'importants dégâts. « Les secousses ont été telles que le lycée présentait de grosses fissures. Il a fallu nous rendre à l'évidence : les 400 élèves n'y retourneraient pas. Nous avons alors travaillé sur le projet d'un nouvel établissement. » La rencontre avec le président de la République permettra de trouver un terrain pour construire le nouveau lycée.

En 2001, Jean-Louis refait ses valises, destination la Norvège, où il prend la tête du lycée français d'Oslo. Autre univers, autre climat, autre culture. « Ces postes à responsabilité m'ont appris à être diplomate, réactif et à rester à l'écoute.  C'est un peu comme pour le pilotage, il faut savoir analyser vite la situation. » En 2006, il rentre en France et finit sa carrière comme proviseur du lycée international Victor Hugo à Toulouse. « 3 000 élèves, une cinquantaine de nationalités et plus de 300 salariés », résume-t-il. Une belle expérience encore.

Depuis son retour en Albigeois en 2015, Jean-Louis est président de l'aéroclub, entouré d'une équipe de bénévoles « disponibles et compétents ». Pour partager leur passion au grand public, y compris aux personnes défavorisées ou handicapées, ils organisent des baptêmes de l'air. Une formation de jeunes aux notions d'aéronautique est aussi dispensée dans le cadre du Brevet d'initiation aéronautique qui permet à des lycéens d'acquérir les notions de base et de vivre un vol en cockpit. « Un moyen efficace de remotiver des élèves en décrochage. Certains en feront même leur métier. Le carrefour des métiers de l'aéronautique organisé à Albi est une belle vitrine pour en parler. » En 2018, Albi accueillera en juillet une étape du Tour de France des jeunes pilotes. 45 équipages atterriront à l'aérodrome. Jean-Louis continue quant à lui de voler à Albi. « Chaque vol est une nouvelle expérience… Quand j'étais étudiant, j'avais besoin de prendre un avion, de monter le plus haut possible, de planer en admirant le paysage, puis de redescendre tranquillement. Ça me faisait un bien fou… Un monde à part qui mérite d'être connu... »