Mystérieuse crypte Saint-Salvi…

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Mardi 30 janvier 2018
Un diagnostic archéologique sera réalisé par l'INRAP dans la crypte et au pied du chevet de la collégiale Saint-Salvi avant d'importants travaux de restauration. Une occasion de mieux connaître la crypte, vestige médiéval de l'église...
Détail des motifs décoratifs
Source : D.R

C'est un lieu quelque peu mystérieux, dissimulé sous le maître-autel de la collégiale qui fait actuellement l'objet de toutes les attentions. En vue de sa restauration, l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) va se pencher au chevet de la crypte médiévale de Saint-Salvi.

Cet espace de 30 mètres carré seulement, accessible par un double escalier en pierre, n'a en effet pas révélé tous ses secrets. Les investigations menées par l'Inrap permettront peut-être d'en savoir un peu plus avant que la ville d'Albi n'engage une opération de sauvetage de ses décors peints qu'il devient urgent de préserver.

Les arches et les bancs de pierre nécessitent également d'être restaurés.
Mais que sait-on au juste de cette crypte ? Jusqu'à la Révolution française, la collégiale abritait la sépulture de Salvi, évêque albigeois du VIe siècle vénéré par la population. Les évêques et tous les personnages importants venaient se recueillir sur son tombeau situé sous le choeur de l'église.

En 1720, Antoine de Metge, qui occupa la prévôté de 1717 à 1749, fit démolir l’ancien maître-autel du XVIe siècle. À l’occasion des travaux de fondation du nouvel autel, il découvrit ce qu’il identifia comme le tombeau de saint Salvi dans la crypte qu’il aménagea alors en chapelle. Au fond, furent aménagés un autel maçonné et une niche carrée.

Des traces de la chapelle primitive

Subsistent toujours des vestiges de périodes plus anciennes comme le banc de pierre qui court le long du mur et le décor peint de croix fleuronnées, de cercles et de losanges sur fond rouge. Ceux-ci pourraient dater du Xe siècle et donc remonter à la première église romane construite à partir de 940 à l’emplacement de la chapelle dédiée à saint Sernin. Les décors de la paroi sud sont hélas devenus quasiment illisibles ; ceux côté nord, bien qu’en très mauvais état, sont mieux conservés, mais nécessitent aussi une intervention d'urgence en raison des problèmes d'humidité récurrents qui les mettent en péril.

À la recherche de vestiges enfouis

Pour comprendre un peu mieux ce lieu emblématique de la collégiale, l'étude de l'Inrap viendra s'ajouter à celles déjà réalisées ces dernières années. Un examen du sol permettra, par exemple, d'en connaître l'origine… Un rapport de diagnostic sera rendu au printemps et lèvera peut-être le voile sur certaines questions restées pour le moment sans réponse. À l'issue de l'intervention des archéologues, débuteront des travaux extérieurs (côté place Saint-Salvi) visant à assainir le chevet de la collégiale afin de stopper les infiltrations d'eau qui affectent la crypte. Au préalable, l'Inrap aura effectué des fouilles préventives sous forme de sondages pour examiner ce qui peut bien se trouver enfoui sous le pavé de la place, au pied du choeur de la collégiale.

Ancienne nécropole ? Fondation de l'église originelle ? Réponse dans quelques semaines. Quatre mois supplémentaires seront ensuite nécessaires pour restaurer la crypte, qui indéniablement relève du patrimoine exceptionnel albigeois.

C'est une période excitante qui va s'ouvrir avec les fouilles programmées dès la mi-mars par l'Institut national de recherches archéologiques préventives, autour du maître-autel de l'église Saint-Salvi. Celui sous lequel se trouve une crypte médiévale d'environ 30 m2, mise à jour lors de travaux datant de la moitié du XVIIIe siècle. Difficilement accessible, aujourd'hui fermée au public, cette crypte possède des peintures murales malheureusement très dégradées par des infiltrations d'humidité. Estimées antérieures au Xe siècle, elles seraient pourtant les plus anciennes traces picturales du patrimoine de la cité épiscopale.

D'où l'urgence pour la ville, propriétaire de cette église classée et inclue dans le périmètre du patrimoine mondial, de lancer des travaux d'assainissement. Les études et sondages menés depuis 2015 par Pierre-Yves Caillault, architecte en chef des monuments historiques, ont montré des signes inquiétants dans la crypte et dans la chapelle Saint-Louis. «C'est une dégradation avancée qui s'est accélérée ces dernières années. Il faut une intervention urgente sur la crypte. Si on attend encore, on la perd» explique Stéphanie Guiraud Chaumeil, la maire d'Albi. Le conseil municipal a voté un budget de 280 000 € HT pour l'ensemble fouilles et travaux et demandé une subvention de l'état d'environ 40 % en juin dernier.

Plusieurs années de travaux

Après les fouilles, les travaux d'assainissement qui commenceront début avril risquent d'être très longs. Les peintures murales seront protégées pendant un an, en attendant la décision de les restaurer ou de les garder en l'état. La chapelle Saint-Louis devrait être rénovée d'ici 2019, avec une mise en valeur du tableau La Lamentation. Cette œuvre flamande peinte par un maître anversois au XVIe siècle, longtemps oubliée sous sa couche de crasse, a été minutieusement restaurée entre 2010 et 2014 et réinstallée dans la chapelle Saint-Louis. Contrairement à la crypte, elle restera accessible au public

 

 

Contact

Service patrimoine
16, rue de l’hôtel de ville
81000 Albi
Tel : 05 63 49 14 22

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La « Lamentation » d'Albi est l'un des plus beaux panneaux flamands du début du XVIe siècle conservés dans le Midi de la France.
Source : D.R.
La « Lamentation » d'Albi est l'un des plus beaux panneaux flamands du début du XVIe siècle conservés dans le Midi de la France.
Les travaux comprendront la reprise des murs et de la voûte - Détail du décor dans la partie basse du mur.
Source : D.R