La recherche à Albi ne serait pas aussi dynamique sans l’Europe

On ne le dit pas assez : l’Europe est un acteur formidable pour encourager la recherche, créer des synergies entre laboratoires et industriels, et tisser des ponts entre les pays. A l’Institut Mines Telecom Albi, c’est une réalité à travers les projets européens auxquels il participe (trois actuellement). Et c’est aussi une belle ouverture sur le monde, comme en témoigne Ange Nzihou, directeur du centre de recherche Rapsodee.
Ange Nzihou, directeur du centre de recherche Rapsodee
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Comment s’articulent recherche et aide européenne ?

« La commission européenne finance de grands programmes de recherche pluriannuels. Sur les différents thèmes stratégiques qu’elle identifie, elle lance des appels à projets auxquels répondent des laboratoires de recherche en partenariat étroit avec le milieu industriel. J’ai d’ailleurs la chance comme chercheur d’être présent dans certaines instances européennes pour orienter les thématiques des appels à projets. Je fais pour cela partie d’un comité d’experts chargé de conseiller ceux qui vont les rédiger. Je suis également sollicité pour évaluer certains dossiers de candidature. Une bonne manière de connaître les enjeux actuels en matière de recherche à l’échelle de l’Europe. »

Quel est l’intérêt pour l’IMT Mines Albi de s’engager dans ce genre de projet ?

« Pour une école comme la nôtre, un peu excentrée, mais à la pointe dans certains domaines, il est important de répondre à ces appels à projets. Il en va de sa visibilité à l’international et de sa reconnaissance en matière de recherche. Sur un projet européen, nous travaillons en moyenne avec une dizaine de partenaires français et étrangers. Laboratoires et entreprises mettent en commun leurs compétences et leur savoir-faire. Il est évident que les moyens disponibles dans le cadre de ce genre de projet sont sans commune mesure avec ceux mis en oeuvre au niveau national. Les financements sont deux à trois fois plus élevés. »

Quel est le taux de réussite pour une candidature ?

« Les dossiers sont lourds à monter et mobilisent beaucoup d’énergie ! Il faut être persévérant ; la compétition est forte. Il faut réussir aussi à impliquer l’industrie dans chaque projet, ce qui n’est pas toujours évident. La chance d’être retenu n’est pas bien grande. Entre 7 et 10 % environ des candidatures obtiennent une réponse positive. Quand c’est le cas, voilà évidemment une belle opportunité pour des établissements comme le nôtre. Culturellement et scientifiquement, c’est vraiment passionnant. Ce n’est pas ici qu’une question d’argent, mais bien de ce que ces projets rendent possible en termes d’échanges. Cela contribue à créer des réseaux entre laboratoires et de belles synergies qui se poursuivent souvent au-delà du projet. Nos doctorants peuvent travailler dans des labos à l’étranger et inversement. Dans mon équipe, par exemple, sur onze doctorants, dix sont étrangers. »

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

« Actuellement, le centre Rapsodee travaille sur deux projets, dont un qu’il pilote. Celui-ci porte sur la fabrication d’engrais durables à partir de biodéchets. Le projet intègre quatorze partenaires, labos et entreprises. Le second, qui nous a permis de bénéficier de 500 000 euros, est consacré à l’optimisation de principes actifs pharmaceutiques. Sans l’aide de l’Europe, il nous aurait été impossible d’investir dans du matériel et de former des doctorants. Mon équipe a décidé également de répondre à un appel à projet en collaboration avec la Chine. Certains projets européens peuvent en effet impliquer des pays hors Europe, comme c’est le cas ici. »

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Contact.

Institut Mines Albi-Carmaux
Campus Jarlard
Tél : Tel : 05 63 49 30 00
Fax : 05 63 49 30 99
Site internet : http://www.mines-albi.fr/

Informations.

À SAVOIR : le Centre de génie industriel de l’IMT Mines Albi travaille sur le projet européen Driver + qui vise à élaborer des solutions innovantes répondant aux besoins opérationnels en cas de crise et de catastrophe. La commission européenne finance aussi la formation au travers de son programme Erasmus + et des programmes de formation européens. Enfin, elle finance aussi la mobilité des étudiants et des enseignants dans le cadre de de projets à l’étranger