Nouvelle au Palais

Nouvelle conservatrice du musée Toulouse-Lautrec, Florence Saragoza a pris ses fonctions début octobre avec entre autres missions de réfléchir à un événement phare : le centenaire du musée en 2022.
Nouvelle au Palais
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En matière d'actualités, le musée Toulouse-Lautrec n'est pas en manque en ce début du mois d'octobre. L'exposition exceptionnelle au Grand Palais consacrée au peintre albigeois s'annonce comme un événement d'envergure que de nombreux médias vont relayer en France et à l'étranger. « C'est une belle opportunité en termes de visibilité pour Albi », se réjouit Florence Saragoza, qui vient de rejoindre le musée pour prendre la succession de Danièle Devynck, conservateur en chef sur le départ.

Elle s'accorde quelques mois pour se familiariser avec le palais, faire connaissance avec ceux qui le font vivre, et plus largement avec la ville d'Albi dont elle gardait un très bon souvenir de sa visite il y a quelques années. « Un état des lieux s'impose avant que j'émette des préconisations sur le musée de demain. »

Parmi les chantiers à mener, la restructuration de la boutique, qui devrait aboutir en 2020, mais aussi l'organisation de nouvelles expositions temporaires.

« En 2020, le dixième anniversaire de l'inscription de la Cité épiscopale au patrimoine mondial de l'Unesco sera célébré. Il est logique que le musée Toulouse-Lautrec, abrité dans le Palais de la Berbie, y participe d'une manière ou d'une autre. »

Le devenir de l'ancien bâtiment de la conservation qui s'ouvre sur la terrasse des jardins sera également à repenser. « Au niveau des collections, je n'exclus pas de revoir l'accrochage. L'idée est de faire redécouvrir aux Albigeois les oeuvres et de développer les collaborations avec d'autres acteurs culturels. »

Autre échéance importante : 2022, l'année du centenaire du musée. De quoi imaginer un bel événement.  

De beaux challenges en perspective pour cette quadragénaire, originaire de Lyon, qui a déjà mené des projets importants au cours des dernières années, à Paris comme en province.

« Enfant, j'ai beaucoup visité de musées avec mes parents », raconte Florence Saragoza. « Autant j'adorais le musée Guimet à Lyon, autant je trouvais abominables certains tableaux de martyres exposés dans les musées des beaux-arts… Je reconnais a posteriori que ces visites ont sans doute été à l'origine de ma vocation. » De cette époque, Florence Saragoza a d'ailleurs gardé un intérêt pour l’égyptologie.

Après le bac, elle entre à l’École du Louvre, sans oublier l'archéologie qu'elle étudie en parallèle à la faculté. Ses formations lui ouvrent de nouveaux horizons. Plutôt studieuse, elle se met à fréquenter les musées et les bibliothèques parisiennes.

« Mes lectures m'ont fait découvrir des pans entiers de l'histoire de l'art et confirmé que c'était bien ma voie. » Si elle envisage de devenir conférencière et de travailler dans la médiation culturelle, elle décide de passer le concours de conservateur.

« C'est un peu le Graal », avoue-t-elle. Elle passe dix-huit mois à l'Institut national du patrimoine et effectue plusieurs stages en musée, notamment à celui des antiquités de Rouen et au musée des antiquités égyptiennes de Turin. Le diplôme obtenu, elle est nommée au musée de Cluny à Paris, où elle est chargée des collections et du bâtiment antiques.

En 2006, elle intègre la Direction régionale des affaires culturelles d'Aquitaine comme conseillère pour les musées. Elle leur apporte notamment une aide technique et scientifique au développement de projets, mais intervient aussi pour les conseiller en matière de conservation et de gestion des collections. Elle découvre à cette occasion la diversité des musées d'Aquitaine avec quelques coups de coeur comme le Museum de Bordeaux dont elle suit la rénovation, le musée des hydravions à Biscarosse ou encore le musée du liège et du bouchon (près de Condom). Elle en profite pour élargir ses connaissances et faire de belles découvertes.

En 2014, elle devient conservatrice en chef du musée Crozatier au Puy-en-Velay. « Ce musée qui porte le nom d'un grand mécène était dans son jus du XIXe siècle. Un grand chantier de restructuration l'attendait ! » Elle suit de près les restaurations des oeuvres de la collection tout en supervisant les travaux du musée.

« Le dossier était lourd. Ma mission était de rouvrir le musée et d'offrir de nouvelles conditions de visite au public. »

À Albi, Florence Saragoza arrive dans un musée rénové, mais qui doit en permanence se réinventer. Un oeil nouveau sur ce futur centenaire ne pourra lui être que bénéfique.
 
 

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Contact.

Musée Toulouse-Lautrec
Palais de la Berbie
Place Sainte-Cécile
Tél : Tel : 05 63 49 48 70