La collégiale Saint-Salvi

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La collégiale Saint-Salvi semble vivre à l'ombre de son imposante voisine, la cathédrale Sainte-Cécile. La lecture complexe de son architecture composite lui confère aujourd'hui une place secondaire alors que celle-ci a occupé un rang très important dans la ville médiévale.
Le clocher est surmonté d'une tour de guet : la gachole - de l'occitan “gachar”, guetter - qui porte les armoiries de la ville.
Source : F.Guibilato – Ville Albi
La collégiale Saint-Salvi

L'église Saint-Salvi est l'un des plus anciens bâtiment d'Albi. Elle hébergeait la collégiale des chanoines et de leur abbé, seconde puissance ecclésiastique après l'évêque. L'édifice est construit au sommet d'une des buttes qui constitue le relief géographique le plus marqué de la ville. Sur le flanc sud de la collégiale se trouve un cloître, îlot de verdure protégé.

Jusqu'à la Révolution, la collégiale abritait la sépulture de saint Salvi, l'un des premiers évêques d'Albi (VIe siècle). Au XIXe siècle, l'église fut dégagée par les travaux d'urbanisme de Jean-François Mariès. 

L'église actuelle présente une architecture complexe qui manifeste une longue suite de campagnes de construction où roman et gothique se mêlent. Les parties les plus anciennes (XIe-XIIe siècles) ont été construites en pierre, abandonnée ensuite au profit de la brique moins onéreuse, pour les parties gothiques. 

Cette alliance de formes et de matériaux se retrouve sur le clocher, qui présente une base romane à bandes lombardes, rehaussée d'un étage de brique dans le style du gothique méridional. Il est surmonté d'une tour de guet "la gachole" (de l'occitan gachar, guetter) qui porte les armoiries de la ville.

L'église actuelle présente une architecture complexe qui manifeste une longue suite de campagnes de construction où roman et gothique se mêlent.

L’ORGUE DE LA COLLÉGIALE

En 1732, Christophe Moucherel installe un orgue à Saint-Salvi, à parti d’un instrument du XVIIIe siècle. Il agrandit le buffet dans sa largeur. Les tuyaux existants sont alors réutilisés en partie. L’orgue compte alors trois claviers et vingt-cinq jeux.

Au XIXe siècle, l’orgue est remanié dans l’esthétique romantique et demeure ainsi jusqu’aux années 1920.

En 1929, le chanoine Vayssière, prêtre à Saint-Salvi et organiste décide de reconstruire l’orgue selon les critères de l’époque : jeux de fonds denses et profonds, ajouts de mutations, mise en place d’une transmission pneumatique.

Le positif dos est vidé, tous ses tuyaux sont mis dans le grand buffet. Avec 37 jeux réels, on en obtient 60 à la console (dédoublement). Ces travaux sont confiés à Puget. En 1920-1930 l’orgue est inauguré par Adolphe Marty et Marcel Dupré. L’instrument n’a plus subi aucune modification depuis.

Cet orgue néo-classique retient toute l’attention de nombreux organistes qui le considèrent comme idéal pour aborder tout le répertoire du XXe siècle à nos jours. Bien que toujours en état de marche, il nécessite de subir d’importants travaux de remise en état.

LE CARILLON DE SAINT SALVY

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Il ponctue la journée, marque les heures et résonne dans le centre historique pour le plaisir des passants. Composé de huit cloches, le carillon de la collégiale Saint-Salvi fait partie du patrimoine albigeois depuis 1959.

8 décembre 1959 : la collégiale Saint-Salvi est en fête à l'occasion de la consécration des cloches du nouveau carillon. Pour l'occasion, une cantate intitulée "Le chant des cloches" a été composée et exécutée par les choristes de la collégiale et de la cathédrale. « Carillonnez dans la lumière, cloches, bourdons de Saint-Salvi, que vos voix, graves ou légères chantent (…) Du beffroi volent sur la brise leurs notes dans le clair matin », peut-on entendre alors avant un dernier couplet qui rappelle à tous les fidèles combien les cloches accompagnent aussi les grands moments de la vie. « Puisqu'ici bas nul ne demeure, une fois le travail fini, cloches, bercez ma dernière heure avec l'angelus domini. »

Un curé passionné de musique

La célébration se déroula selon un protocole bien précis avec notamment la bénédiction et la lustration des cloches par l’archevêque, des onctions avec l'huile des infirmes et la fumigation avec de l'encens, du thym et de la myrrhe. Chaque cloche fut également baptisée – son nom est inscrit dessus avec le nom de son parrain et de sa marraine.

Parmi les prêtres présents à la cérémonie se trouvait le chanoine Louis Vaissière, curé de Saint-Salvi et passionné de musique. Le carillon n'aurait pas vu le jour sans son implication et son obstination. On lui doit d'ailleurs aussi la restauration de l'orgue actuel, tout cela grâce aux nombreux donateurs de la paroisse.

Histoire de clocher

Le baptême des huit cloches fut un événement à Albi. Jusqu'alors, la collégiale ne comptait plus que quatre cloches. La plus ancienne, inutilisée aujourd'hui, se trouve isolée dans un clocheton de la toiture près du clocher. Elle a été fondue en 1730 par un maître fondeur habitant Castres et a survécu on ne sait pas trop comment à la Révolution. Les autres n'ont pas eu la même chance ; elles ont été descendues puis fondues. Seule trace de leur passage, des marques dans la charpente du beffroi. « Il devait y en avoir au moins six avant la Révolution », estime Jean-Pierre Carme, carillonneur de la Drêche et spécialiste du sujet. Les archives départementales le confirment à travers des documents faisant mention en 1626 de quatre grandes cloches et de plusieurs petites. Après la Révolution, deux cloches sont coulées en 1817 et intégrées en 1959 au carillon. Enfin, la quatrième cloche, antérieure aussi à 1959, est installée depuis 1903 dans une fenêtre du clocher.

Quatre fois par jour

Le carillon de Saint-Salvi n'est pas le seul d'Albi. Le plus célèbre est celui de la Drêche qui compte désormais 31 cloches depuis le baptême de deux nouvelles en septembre dernier. Il existe également un troisième carillon aujourd'hui à l'arrêt dans le clocher de la Madeleine.

Le carillon de Saint-Salvi, avec ses huit cloches, reste donc modeste, mais a le mérite de sonner tous les jours.

Depuis une quinzaine d'années, des pièces préprogrammées sont jouées aux heures marquant l'angélus : 8h, 12h, 15h et 19h. 

Une quarantaine de morceaux est disponible au répertoire. Il s'agit généralement d’oeuvres musicales liturgiques arrangées pour le carillon et ses huit notes. En fonction du temps liturgique, la paroisse propose certains morceaux. « Il est néanmoins techniquement possible de jouer manuellement puisqu'un clavier relié électriquement au carillon est installé à la sacristie », précise Jean-Pierre Carme. Il faudrait alors un musicien présent pour assurer la musique…

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Contact

Service patrimoine
16, rue de l’hôtel de ville
81000 Albi
Tel : 05 63 49 14 22

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