L'histoire d'Albi

L'histoire d'Albi

Imprimer Imprimer
Envoyer par mail Mail
RSS RSS
Contraste Contraste
Zoom A+ A A-
Partager
La naissance des villes a souvent été le résultat d'une complicité heureuse entre l'homme et son environnement naturel. Il a suffi que le Tarn devienne navigable, situé non loin d'un site facile à fortifier dominant un accès commode à la rivière, et les facteurs étaient rassemblés pour qu'apparaisse la cité d'Albi.
Vue du ciel du cœur de la ville d’Albi et de la rivière Tarn.
Source : F.Guibilato – Ville d’Albi
L'histoire d'Albi

 

Histoire
 

Il a suffi que le Tarn devienne navigable, non loin d’un site facile à fortifier dominant un accès commode à la rivière, et les facteurs étaient rassemblés pour qu’apparaisse la petite cité d’Albi.

Durant le haut Moyen-Age, Albi se constitue en place forte, ou oppidum. Protégée de murailles, la cité occupe le plateau situé entre le Tarn et le ruisseau du Bondidou.

Siège épicopal, Albi est partagée entre le pouvoir de l’évêque et celui des vicomtes qui rendent hommage au comte de Toulouse. Dans cette France féodale du XIIIème siècle, les vassaux s’émancipent de l’autorité royale. Albi devient alors, comme presque toutes les villes du Midi, une communauté quasi indépendante.

Scriptorium

Albi a, au long des siècles, été animée par une vie culturelle et intellectuelle particulièrement riche. Durant le Moyen-Age, la ville dispose d’un scriptorium important, lié à la présence du pouvoir épiscopal. Dans cet atelier, on compile et surtout on copie des textes et des livres indispensables à la vie lithurgique.

Les centres intellectuels que sont les écoles monastiques ou ’cathédrales’ produisent des traités de géographie, souvent à partir de textes antiques compilés et enrichis de gloses. Un codex albigeois du VIIIème siècle comporte ainsi une cathographie particulièrement précieuse.

La croisade des Albigeois (1208-1249 est une croisade proclamée par l’Église catholique contre l’hérésie, principalement le catharisme et dans une faible mesure le valdéisme. Dès le XIIe siècle, les textes de l’époque parlent d’hérésie albigeoise sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.

Le catharisme était surtout implanté en Languedoc, lequel était dominé par deux familles, la maison de Toulouse et la maison Trencavel. N’ayant pas réussi à s’entendre pour faire front, le comte Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et se croise, tandis que Raimond-Roger Trencavel se prépare à se défendre contre la croisade. Une fois Béziers et Carcassonne prises et le vicomte Trencavel emprisonné, les croisés désignent l’un des leurs, Simon de Montfort, pour poursuivre la lutte (1209).

Cette croisade évolue rapidement en guerre de conquête, d’abord pour le compte de Simon de Montfort, puis après la mort de ce dernier (1218) et l’échec de son fils Amaury, pour le bénéfice de la couronne. Cela n’empêche pas la lutte contre le catharisme, d’abord sous la direction des évêques locaux, puis sous celle de l’Inquisition (à partir de 1233).

Urbanisme

Dans la seconde moitié du XIVème siècle, la ville se divise en six quartiers, ou gaches, le faubourg du Pont, lui-même entouré de murailles, formant un quartier indépendant. Le Pont-Vieux est fortifié à la fois du côté du faubourg et de la ville, avec un pont levis à chaque extrémité. Comme tous les ponts du Moyen Age, celui-ci est surmonté de maisons.

On trouve en son centre une chapelle dédiée à la Vierge. Il faut imaginer Albi comme une ville serrée à l’intérieur de ses murs, parcourue d’un réseau de rues étroites. La vie est animée autour de nombreux points d’eau, puits ou fontaines, autour de la Plassa, coeur de la cité située au pied de la cathédrale. On y trouve la pile qui sert à mesurer le grain, on y tient le marché, enfin non loin de là se tient le salin.

Dans les faubours sont implantés les moulins, les tanneries, et c’est également à l’écart du centre que sont placées les maladreries, établissements indispensables dans une société atteinte par de nombreuses épidémies.

La Renaissance

La fin du XVème siècle voit peu à peu l’insécurité reculer, et la prospérité revenir d’année en année dans la ville. De grands seigneurs vont alors se succéder à l’épiscopat. Les Amboises, les Roberts... Ceux-ci amènent avec eux le courant d’italianisme qui a commencé à essaimer dans le Val de Loire, et fera éclore un style Renaissance français.

La culture du Pastel fait de l’Albigeois un pays de "cocagne" assurant la fortune d’une bourgeoisie marchande qui joue un rôle prépondérant dans la ville. L’aisance de la population se révèle à travers le bâti urbain et de beaux hôtels Renaissance. De nouveaux troubles apparaissent au XVIème siècle qui mettent fin à la douceur de vivre du Sud. Le calvinisme surgit en France en 1540, et avec lui des affrontements violents, une guerre civile qui durera près de trente ans. L’église catholique réagit au développement de cette nouvelle hérésie en organisant des processions expiatoires .

Du XIXème siècle à nos jours

Le chemin de fer arrive à Albi en 1864. Un deuxième pont est construit sur le Tarn ainsi qu’un viaduc pour le train. La ville se développe autour des gares.

La guerre de 1870 va mettre un soudain frein à cet élan. Il faudra attendre le début du XXème siècle pour voir se développer de nouvelles industries : les minoteries et vermicelleries, des usines de chaux pour la fabrication du ciment, et enfin l’exploitation du charbon à Carmaux. La métallurgie s’implante au Saut du Tarn entraînant l’apparition de fonderies spécialisées. Mais l’activité la plus connue est la Verrerie, fondée en 1896 en coopérative ouvrière grâce à l’aide de Jaurès.