L'histoire d'Albi

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La naissance des villes a souvent été le résultat d'une complicité heureuse entre l'homme et son environnement naturel. Il a suffi que le Tarn devienne navigable, situé non loin d'un site facile à fortifier dominant un accès commode à la rivière, et les facteurs étaient rassemblés pour qu'apparaisse la cité d'Albi.
Vue du ciel du cœur de la ville d’Albi et de la rivière Tarn.
Source : F.Guibilato – Ville d’Albi
L'histoire d'Albi

Dans le bassin albigeois, l'aventure humaine débute sur les hautes terrasses disposées sur la rive gauche du Tarn. Il est possible d'y glaner l'outillage utilisé par des tailleurs de galets néanderthaliens, fabriqué à l'aide de matériaux locaux : du quartz, des lydiennes et des chailles pour les bifaces, les racloirs, ou les choppers. Le site d'Albi et ses environs ont livré des outils en bronze parmi lesquels dominent des haches. Elles sont l'instrument indispensable à de plus intenses déforestations. 

Le site d'Albi est entouré de petits champs d'urnes qui longent les maisons faites de bois et de clayonnages d'argile. Alors que naît l'âge du fer, Albi révèle une présence humaine déjà familière. En témoignent les restes d'un atelier de fondeur établi sur l'oppidum naturel du Castelviel. 

Des Gaulois entreprenants à la bourgade romanisée 

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La seconde moitié du IVème siècle est celte. Un de leurs groupes, les Ruthènes, désigné par un sobriquet signifiant les roux ou les blonds (du germanique rot), se constitue un vaste domaine correspondant aux futurs diocèses d'Albi et de Rodez. Les Romains apparaissent vers -120. L'importation de céramiques, de bijoux, de lampes, d'armes et de vins étrusques ne fait qu'amplifier la mainmise de Rome sur l'Albigeois. Par le port d'Albi, transitent des voyageurs, colporteurs et marchands grecs ou latins, mais aussi le cuivre, la poix, le plomb et l'argent. Cependant, l'agriculture demeure la grande ressource locale. La plaine produit du froment, de l'orge, du lin et du chanvre. 

Les peuples passés sous l'hégémonie romaine furent considérés comme alliés ou vassaux. Leurs territoires, leurs genres de vie et leurs coutumes furent respectés. Albi conserve donc à cette époque l'aspect figé d'une petite cité, assez peu différente de son passé celte.

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Le moyen-âge

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Durant le haut Moyen-Age, Albi se constitue en place forte, ou oppidum. Protégée de murailles, la cité occupe le plateau situé entre le Tarn et le ruisseau du Bondidou. 

Siège épicopal, Albi est partagée entre le pouvoir de l'évêque et celui des vicomtes qui rendent hommage au comte de Toulouse. Dans cette France féodale du XIIIème siècle, les vassaux s'émancipent de l'autorité royale. Albi devient alors, comme presque toutes les villes du Midi, une communauté quasi indépendante. 

Albi a, au long des siècles, été animée par une vie culturelle et intellectuelle particulièrement riche. Durant le Moyen-Age, la ville dispose d'un scriptorium important, lié à la présence du pouvoir épiscopal. Dans cet atelier, on compile et surtout on copie des textes et des livres indispensables à la vie lithurgique. 

Les centres intellectuels que sont les écoles monastiques ou 'cathédrales' produisent des traités de géographie, souvent à partir de textes antiques compilés et enrichis de gloses. Un codex albigeois du VIIIème siècle comporte ainsi une cathographie particulièrement précieuse. 

C'est dans cette France occitane, du début du XIIème siècle, que se constitue ce que l'on appelle le "grand chant courtois", c'est à dire la poésie musicale chantée par les troubadours. Depuis les premières chansons assez frustes évoquant la vie quotidienne d'une cour seigneuriale, à la poésie subtile du trobar clus, style fondé sur la métaphore, la canso est écrite en langue occitane. 

Dans la seconde moitié du XIVème siècle, la ville se divise en six quartiers, ou gaches, le faubourg du Pont, lui-même entouré de murailles, formant un quartier indépendant. Le Pont-Vieux est fortifié à la fois du côté du faubourg et de la ville, avec un pont levis à chaque extrémité. Comme tous les ponts du Moyen Age, celui-ci est surmonté de maisons. On trouve en son centre une chapelle dédiée à la Vierge. Il faut imaginer Albi comme une ville serrée à l'intérieur de ses murs, parcourue d'un réseau de rues étroites. La vie est animée autour de nombreux points d'eau, puits ou fontaines, autour de la Plassa, coeur de la cité située au pied de la cathédrale. On y trouve la pile qui sert à mesurer le grain, on y tient le marché, enfin non loin de là se tient le salin. 

Dans les faubours sont implantés les moulins, les tanneries, et c'est également à l'écart du centre que sont placées les maladreries, établissements indispensables dans une société atteinte par de nombreuses épidémies.

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Les cathares

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Les termes "d'Albigeois" et de "Cathares" restent indissociables. Peut être cela est-il lié au mauvais accueil réservé au légat du Pape qui avait précédé Saint Bernard venu, en 1145, prêcher contre l'hérésie dans toute la région. 

L'hérésie cathare succède à divers courants dualistes venus principalement d'Europe centrale, tels que les Vaudois et les Bogomiles. Ces derniers, venus vers le midi de la Bulgarie en passant par l'Italie, paraissent bien à l'origine du catharisme. 

Pour les Cathares, le Saint Esprit et Satan se partagent la possession de l'homme. Ceux qui échappent à Satan sont des Parfaits sanctionnés par un sacrement : le Consolamentum. Les autres se réincarnent dans un corps jusqu'à ce que leur âme ait enfin trouvé le chemin de la perfection. 

Le Catharisme prend pied en Languedoc dans une civilisation déjà développée et hautement tolérante. Les Languedociens, admiratifs de la vie ascétique des Parfaits en opposition avec la richesse et les moeurs dissolues du clergé, acceptent volontiers ceux qui pour eux sont les "Bonshommes". L'arrivée d'Innocent III sur le siège pontifical donne une autre tournure aux événements.

Une lutte sans remission contre l'hérésie débute. En 1208, le légat du Pape Pierre de Castelnau est assassiné. De fortes présomptions pèsent sur le comte de Toulouse qui est excommunié et dépossédé de ses biens. La campagne commence par le sac de Béziers où le nouveau légat du Pape Arnaud Amaury dira "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens". La Croisade a un chef, Simon de Montfort. La férocité de la répression est sans mesure. Pillages, viols et exécutions se succèdent au prétexte de rétablir la gloire de Dieu. Quatre cents Cathares sont brûlés à Lavaur, Toulouse, Montségur. Des bûchers sont dressés dans toute l'Occitanie. C'est la fin d'un rêve mais c'est aussi la naissance de la France.

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La Renaissance

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La fin du XVème siècle voit peu à peu l'insécurité reculer, et la prospérité revenir dans la ville. De grands seigneurs vont alors se succéder à l'épiscopat. Les Amboises, les Roberts... Ceux-ci amènent avec eux le courant d'italianisme qui a commencé à essaimer dans le Val de Loire, et fera éclore un style Renaissance français.

La culture du Pastel fait de l'Albigeois un pays de "cocagne" assurant la fortune d'une bourgeoisie marchande qui joue un rôle prépondérant dans la ville. L'aisance de la population se révèle à travers le bâti urbain et de beaux hôtels Renaissance. De nouveaux troubles apparaissent au XVIème siècle qui mettent fin à la douceur de vivre du Sud. Le calvinisme surgit en France en 1540, et avec lui des affrontements violents, une guerre civile qui durera près de trente ans. L'église catholique réagit au développement de cette nouvelle hérésie en organisant des processions expiatoires.

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Du XIXème siècle à nos jours

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Le chemin de fer arrive à Albi en 1864. Un deuxième pont est construit sur le Tarn ainsi qu'un viaduc pour le train. La ville se développe autour des gares.

La guerre de 1870 va mettre un soudain frein à cet élan. Il faudra attendre le début du XXème siècle pour voir se développer de nouvelles industries : les minoteries et vermicelleries, des usines de chaux pour la fabrication du ciment, et enfin l'exploitation du charbon à Carmaux. La métallurgie s'implante au Saut du Tarn entraînant l'apparition de fonderies spécialisées. Mais l'activité la plus connue est la Verrerie, fondée en 1896 en coopérative ouvrière grâce à l'aide de Jaurès.

Le 31 juillet 2010, la Cité épiscopale d’Albi est inscrite sur le patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco, distinguant au niveau mondial le caratère exceptionnel des bâtiments qui la compose : la cathédrale Sainte-Cécile, le pont-vieux, le palais de la Berbie et les quartiers médiévaux du vieil Alby.  

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Visite Virtuelle de la ville